Nom Prénom Association
LEVIEL Anne Ecrivages et Parlures BEZU Jean Université du Temps Libre LAMBIN Jean-Claude Toudis Simons DELANNOY Pierre Ensemble Re-Naissance BACOUET Annie Les Rouchissants d’Valinchiennes GARDENER Arnaud PEULMEULE André Individuel CHEVAL Mauricette Individuel DELCROIX Noël DARIO Mario Individuel DUCHATELET Roberte Cercle Patoisant de Lys Lez Lannoy DESROUSSEN Anne-Marie Veillées patoisantes de Tourcoing LABY Pascal Association ACTION LEZY Max-André ALORTI BERDYNSKI Jean-Claude Individuel YACKX Christine Association G. Fidit COLLON Patrick Individuel Alain DERUCHE Association Les bons garchons Olivier ENGELAERE Association Les Quate Kemins Andrée LEROUX Théâtre Louis Richard
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Euch cat dins l’horloche, Mr Christian SCHOTS, Président, 21, rue Sadi Carnot, 62580 VIMY, Tel : 06 21 01 70 47 ou Mr Jacques DEPRET, 20, rue Sadi Carnot, 62580 VIMY, Tel : 03 21 59 54 80
Monsieur / Madame
Vous êtes tête de liste aux élections régionales dans le Nord-Pas de Calais. À cette occasion, la Fédération Insanne, qui milite pour la promotion du picard, langue régionale du Nord-Pas de Calais, souhaite connaître votre position sur certains aspects de la politique que vous proposez pour notre région. Nous précisons que cette lettre a un caractère public, et que nous rendrons également publiques les réponses que vous nous apporterez.
Nous vous rappelons que le picard est l’une des langues de France reconnue par le Ministère de la Culture. Cette langue est parlée dans le Nord-Pas de Calais (sauf dans l’arrondissement de Dunkerque, de langue flamande), en Picardie, et, au-delà de la frontière, dans une bonne partie du Hainaut belge (dorénavant dénommée Wallonnie Picarde). Dans notre région, elle est mieux connue sous les sobriquets de « chtimi », « patois du Nord », ou encore « rouchi » dans le Valenciennois, mais il s’agit bien toujours de picard, au travers de ses différentes variantes locales.
Le picard, est attesté à l’écrit depuis le IXe siècle, avec la Séquence de Sainte Eulalie, texte rédigé vers l’an 880 dans la région de Saint-Amand. Sous la forme de la scripta picarde, il a donné à la France médiévale quelques-uns de ses plus beaux monuments littéraires, avec des auteurs comme Adam de la Halle ou Jean Bodel d’Arras, Froissart à Valenciennes, ou le chantefable anonyme Aucassin et Nicolette. De nos jours, une intense activité culturelle d’expression picarde irrigue le territoire régional. Elle prend la forme de publications (plus de 200 auteurs contemporains recensés), de théâtre, de « veillées patoisantes », de chanson…
Avec le film « Bienvenue chez les Chtis », l’humoriste Dany Boon a récemment donné à voir et à entendre à la France entière, avec talent, cette langue régionale du Nord. Mais paradoxalement, alors que le film a bénéficié d’un soutien important de la part de la Région Nord-Pas de Calais et du CRRAV, et alors qu’il a provoqué un très vif intérêt pour la langue régionale qu’il illustrait, il n’a été suivi d’aucune initiative publique en faveur de cette même langue.
La vitalité du picard reste très forte. Une étude publiée par l’INSEE en 2004 montre qu’elle concerne entre 10% et 23% de la population adulte du Nord-Pas de Calais. C’est aussi une langue de rassemblement : une étude du Laboratoire de d’Etudes Sociolinguistiques de l’Université de Picardie confirme qu’elle constitue un puissant vecteur d’intégration des populations immigrées.
La Fédération Insanne plaide depuis quelques années pour une prise en compte ambitieuse de la dimension « langue régionale » dans les politiques publiques. En 2008, nous avons créé la Maison Interrégionale du Picard « à mon Lalie » à Saint-Amand, pour en faire un lieu ressource à la disposition du public, des chercheurs, des enseignants, et également un appui logistique aux associations picardisantes et lieu d’animation d’envergure régionale. À l’heure actuelle, cette Maison fonctionne essentiellement grâce au travail bénévole des membres de la Fédération et au soutien logistique de la Commune de Saint Amand ; les subventions reçues sont très modestes (environ 5000 € / an de la DRAC et, en 2008 et 2009, 2250 € de la Région).
A titre de comparaison, nous nous permettons de vous rappeler que la région voisine de Picardie consacre au picard d’importants moyens budgétaires (plus de 350 000 € annuels) et humains en soutien aux initiatives associatives en faveur du picard (publications, festivals, actions éducatives, etc.), au travers de l’Agence pour le picard. De l’autre côté de la frontière, le picard bénéficie des actions du Bureau des langues régionales endogènes de la Communauté française de Belgique. Enfin, au niveau de l’Etat français, le picard entre dans les préoccupations du Ministère de la culture et de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF).
Compte tenu de tous ces éléments, nous souhaitons vivement connaître quelles mesures vous envisagez de proposer pour améliorer de façon sensible la prise en compte par le Conseil Régional de la question du picard, dans toutes ses dimensions, lors de la prochaine mandature.
La Maison Interrégionale du Picard de Saint-Amand- les-Eaux est destinée à devenir un lieu culturel polyvalent et un lieu-ressource spécialisé. Afin de répondre aux besoins au niveau régional, des moyens de fonctionnement sont indispensables, et en particulier la possibilité de doter la Maison d’animateurs permanents capables de répondre aux sollicitations du grand public, des collectivités territoriales, des chercheurs et des associations. Cette étape, urgente, nous paraît être de nature à favoriser notablement la « visibilité » du fait picard et donc sa prise en compte par le public régional.
Soutiendrez- vous le développement de la Maison Interrégionale du Picard ? Quels moyens êtes-vous prêts à proposer pour asseoir le fonctionnement de cette Maison dans la durée, au service de la population régionale ?
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer.......
Voici la réponse reçu de Monsieur DANIEL PERCHERON, tête de liste "Rassemblement de la gauche et écologistes"
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Lille, le 11 mars 2010
Monsieur,
J’ai bien pris connaissance du courrier que vous m’avez adressé et qui a retenu toute mon attention.
Notre territoire régional se félicite de sa diversité culturelle, riche du patrimoine de deux langues régionales, l’une d’origine romane, le picard, l’autre d’origine germanique, le flamand. La défense de ces expressions culturelles (récemment ratifiée par la France, par la convention UNESCO) est un impératif éthique. Face à la disparition progressive des locuteurs naturels, l’enjeu est d’inverser la tendance au travers notamment des vecteurs de la transmission et de la socialisation.
Notre collectivité régionale et l’Association des Régions de France ont déjà appelé l’attention de l’Etat sur les obstacles, trop nombreux, empêchant de faire reconnaitre la place et le rôle des langues régionaleset minoritaires dans l’enseignement et la formation.
En effet, loin d’être une forme de repli, la pratique d’une autre langue favorise l’acceptation des différences et l’ouverture aux autres.
Aussi, il m’est agréable de vous confirmer notre attachement pour le picard et la sympathie que nous porton à l’endroit de la Maison interrégionale du picard.
Au regard des incertitudes et des contraintes qui pèsent sur l’avenir de notre collectivité, je ne doute pas que nous réfléchirons prochainement avec vous à de nouvelles modalités d’accompagnement des initiatives que vous animez.
Vous souhaitant bonne réception dela présente,
Je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Daniel Percheron
